Hier l'agent de maintenance était décoré du prestige des sauveteurs. On faisait appel à lui lorsque la panne avait eu lieu et qu'on ne savait plus que faire. Son dépannage permettait de reprendre la production.
Les dépannages ont cependant tendance à prendre un caractère durable, alors qu'ils n'étaient que des mesures provisoires, le plus souvent par faute de temps.
Ce "provisoire qui dure est un poison à double titre".
Il ne permet pas une remise en état et le plus souvent entraîne des détériorations plus graves.
Les utilisateurs s'adaptent à un fonctionnement imparfait, ce qui outre un danger potentiel auquel ils s'exposent, masque la mesure provisoire et peut la faire oublier.
La croyance à la panne inévitable et la maintenance mal nécessaire peuvent aussi conduire à des attitudes excessives de type "pompier pyromane". Dans cette logique perverse, les agents de maintenance justifient leur raison d'être principalement lors des dépannages. Ainsi, la fiabilité médiocre de certains parcs machines est en fait subtilement "gérée".
Le basculement du dépannage curatif à la maintenance préventive change considérablement l'esprit du métier ainsi que les compétences clés qu'il requiert.
Du rôle prestigieux du dépanneur-sauveteur il faut désormais passer au rôle nettement plus effacé de 'préveneur' de pannes. Autrement dit, on cherche à valoriser l'absence de pannes plutôt que leur résolution.
Ainsi le conducteur de machine ne s'occupe que de produire, le régleur prépare et règle la machine. L'agent de maintenance n'intervient que pour l'entretien et la réparation.
Actuellement, ces trois fonctions deviennent deux, en distribuant les tâches du régleur à la production pour partie et en montant en compétence des régleurs vers la maintenance.
Avec une formation et un accompagnement adéquat, le conducteur de ligne est capable de déceler des signes précurseurs de problèmes et saura même les résoudre sans recours aux services de maintenance dans un certain nombre de cas. C’est le transfert de la maintenance de niveau 1 ou 2, dite de conduite.
Ce modèle d'organisation 'intégré" se généralisant, il se pose au responsable maintenance la question de la place et de la fonction des agents de maintenance ainsi que de la nature des contributions de son service à la création de valeur.







